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Voyons ensemble ce que sont les macérâts huileux et comment les réaliser. Vous pouvez bien sûr les acheter, mais vraiment c’est très facile à réaliser et bien plus économique !

 

Le macérât : qu’est-ce que c’est ?

 

Ce sont des fleurs ou végétaux séchés les 3/4 du temps (sinon cela peut être : graines, racines, fruits) que l’on met a macérer dans un liquide durant une période définie selon la méthode employée. Le liquide fait donc office de « solvant » afin d’extraire les principes actifs de la plante/végétaux et la on obtient donc : un macérât.

 

 

 

Pourquoi faire un macérât huileux ?

 

Déjà parce que c’est naturel ! Pas besoin de solvant tel que l’hexane utilisé en cosméto « classique ». Ce procédé est très doux.

✔On a l’avantage de bénéficier à la fois des propriétés de la plante et aussi de l’huile support.

✔C’est plus économique que de l’acheter.

✔Le produit est plus concentré en actif.

On laisse libre cours a sa créativité en faisant des mélanges inédits ou alors adapté a son type de peau. Par exemple un macérât bronzant a base de chicorée !

Le macérât peut servir en base de DIY, pour les soins du visage, du corps, en massage ou bien pour « soigner ». Il est aussi très utile en support pour les huiles essentielles car vous savez que les huiles essentielles doivent être diluées avant usage.

 

 

 

Les différents macérâts

 

Eh oui il existe bel et bien plusieurs façons de faire un macérât. A mes débuts je ne connaissais que celui huileux. On utilise un macérât plutôt qu’un autre en fonction de la plante. Effectivement certains actifs vont mieux se « libérer » dans un macérât glycériné plutôt que vinaigré ou huileux par exemple.

Je vous fait un petit tour de tous les macérats que je connais (et populaire) afin de vous donner une idée et que vous puissiez comparer les différentes méthodes.

Les macérats huileux : que l’on retrouve aussi sous le nom « d’huile de soin » « d’huiles infusées : c’est une macération qui s’opère dans l’huile.

Les macérats glycerinés : C’est une macération de bourgeons frais ou autres tissus végétaux (jeunes pousses, radicelles)  qui s’effectue dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine .

Les macérats vinaigrés : ils sont a base de vinaigre de cidre.

Les teintures mères : macération de plantes fraiches dans un mélange d’eau + alcool (régie par la pharmacopée française).

Les teintures officinales : macération de plantes sèches dans l’alcool.

On fera  la distinction d’une décoction qui elle s’opère avec de l’eau.

 

Le macérât huileux

 

On l’a vu plus haut le macérât huileux est fait a partir d’une plante (feuilles, fleurs, racines, graine, fruits suivant la plante) qui infuse dans une huile végétale. Ainsi on profite donc de tous les principes actifs de la plante (vitamines, polyphénols, flavonoïdes…) et de l’huile utilisée pour la « macération ».

 

 

Quelle huile utiliser ?

 

 

Souvent celle utilisée est l’huile d’olive car c’est une huile stable dans le temps grâce a sa richesse en acide gras. Elle est moins sensible a l’oxydation et économique. On est pas forcé de se limiter a ce type d’huile, perso j’utilise de l’huile de pépin de raisins qui je trouve pénètre mieux et même de l’huile d’argan. Si vous souhaitez utiliser une huile moins stable comme l’huile de colza ou même celles pré-citées pensez a rajouter de la vitamine E à votre macérât (dosage ici). Quelque soit l’huile utilisée, n’oubliez pas de la choisir vierge, de première pression a froid. Pour approfondir,  il faut savoir que certaines combinaisons d’huile + plantes ont des affinités particulières de telle façon qu’elles optimisent le macérât.

Ex : HV d’olive + millepertuis = enrichie en agents anti-inflammatoire (idéal pour soulager les brulures).

 

 

Plantes sèches ou fraîches ?

 

Il est plutôt conseillé de faire son macérât a partir de plantes « sèches » afin d’éviter que l’eau présente dans la plante fraîche détériore le macérât par le risque de fermentation (ça risque de « pourrir »).

Pour autant certaines plantes perdent leurs propriétés si elles sont séchées comme par ex la mélisse, le millepertuis, ou la mauve et d’autres nécessite de l’être sinon c’est le rancissement garanti, par ex le Calendula.

Et pour corser un peu le tout, le procédé rentre en ligne de compte. C’est a dire qu’a froid vu que le temps de macération est plus long on a tout intérêt a utiliser de la plante sèche.

Sur du solaire on pourra opté pour du « mi-sec ». C’est a dire que l’on laisse la plante à l’air libre jusqu’à ce que le végétal soit « frippé » sans pour autant qu’il soit totalement déshydraté.

A chaud là, pas de soucis pour la plante fraîche.

 

 

Quelle technique de macération ?

 

Il existe 3 procédés de macérationa froid, solaire, a chaud.

A froid ❄: Le temps de macération sera d’un mois eh oui un peu de patience sera nécessaire afin de profiter de tous les bienfaits :). Ce type de macération permet de conserver les constituants thermolabiles, c’est a dire d’éviter que la plante perde ses propriétés a cause d’une élévation de la température.

Solaire 🌝 : Alors cette technique est un peu particulière pensant qu’il fallait mettre son macérât au soleil mais en fait pas du tout ! Lors de mes lectures j’ai appris que les UV détériorent le macérât. Du coup on enveloppe bien au chaud son pot dans un sac en papier par ex (tant qu’il est opaque) non fermé.

A chaud 🔥: On utilise un ustensile tel qu’un saucier (c’est le mieux je trouve) un appareil a fondue,une yaourtière par ex, l’avantage du saucier c’est que la plante est constamment mélangée tout en étant chauffée. On règle son ustensile a une température inférieure a 60° (40° étant l’idéal) afin d’éviter d’altérer les propriétés des plantes. Pour le coup vu l’impératif de garder une température basse, on passe le chemin sur le bain-marie.

L’avantage du saucier ? On peut utiliser des plantes fraîches là pas de risque de moisissures au cours de la macération vu le timing court !

L’inconvénient ? Énergivore (c’est que mon avis perso) dans la mesure ou on le laisse tourner 3 heures. On obtient la même qualité a froid si ce n’est mieux (sauf exception pour certaine plante « capricieuse » qui préfère a chaud) car on évite la chauffe des plantes et huiles.

 

Pour info voici un saucier avec deux pales qui permettent de mélanger continuellement. Comme cela s’est perdu tout le monde ne connait pas ce genre d’appareil, vous pouvez en trouvez pour 10€ d’occas 😉

Quelque soit le procédé utilisé normalement l’extrait de plante représente 10% du poids total du macérât.  Au début c’est une notion que je ne prenais pas en considération mais un jour j’ai dû trop charger mon macérât en ortie et je sentais bien que ça « décapait » ma peau (eh oui le naturel peut être très efficace ne pas sous estimé sa force lol).

 

 

Plante entière ou coupée ?

 

La aussi il y a 2 écoles : celle entière, qui dit que cela permet d’éviter de casser la structure, les membranes et les cellules du végétal. Et l’autre école, coupée qui dit que cela permet de libérer les actifs de la plante plus rapidement. Faites votre choix ! Pour ma part je suis dans la catégorie plante entière 😉

 

La réalisation du macérât

 

 

 

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On rajoute de la vitamine E pour éviter le rancissement pour le dosage pour rappel c’est par ici 😉

 

 

3 recettes de macerats

 

Je vous présente ici trois recettes que j’ai faite en vous expliquant les propriétés de chacune.

 

 

Le macérât d’orties

Alors pourquoi l’ortie ? Cela peut paraitre original et pourtant on sous-estime tous les bienfaits de l’ortie ! Et qu’alors elle nous entoure souvent et est facilement accessible au détour d’une balade !

Effectivement je l’ai choisi car elle est polyvalente, elle sert de soin autant pour les cheveux que pour la peau !

Ici j’ai donc fait un macérât d’huile pépin de raisin/argan en huile de support et bien sur, l’ortie que j’ai laissé préalablement séchée tète en bas. J’ai vraiment vu une différence au fil du temps sur les imperfections et surtout mes pores étaient resserrés.

 

Le macérât de vanille

 

J’ai choisi de faire un macérât de vanille pour parfumer mes baumes et chantilly pour le corps que je fait souvent a base de beurre de karité. Cela permet de laisser un délicat parfum enivrant sur la peau. De plus une fois que vous prélevez un peu d’huile de votre macérât vous pouvez en rajouter, (la rallonger quoi ) sans pour autant changer de gousse.

On fend en 2 dans le sens de la longueur la gousse avec la pointe d’un couteau afin qu’elle libère ses actifs et parfum lors de la macération.

PS : son parfum suave lui confère des propriétés aphrodisiaque ^^.

Bien que la vanille nourrit la peau j’avoue que ma motivation première est de le faire pour son délicieux parfum 😋. J’ai découvert qu’en fin de compte les macerats parfumés remplacent parfaitement les huile essentielles avec les inconvénients des précautions en moins ! Par exemple j’ai fait un macérât de menthe  que j’ai incorporé à ma préparation diy de crème pour les mains et cela parfume parfaitement !

 

Le macérât de romarin

 

Le romarin est lui aussi un peu oublié comme l’ortie et pourtant il a des sacrés propriétés pour les peaux mixtes/grasses. Lui aussi est facile a trouver ou a faire pousser dans un jardin et en plus il peut vous servir pour assaisonner vos plats 😉

 

 

On y pense pas mais il peut très bien convenir pour une huile à barbe pour messieurs 😉

 

J’en ai fait bien d’autres comme macérât de sauge, laurier, calendula etc …Je fais pousser ces plantes sur mon balcon ce qui me permet d’en avoir sous la main continuellement.

 

 

Pour aller plus loin

 

On peut mélanger plusieurs huiles entre elles ou alors plusieurs plantes afin d’avoir vraiment des combos cosmétiques très actifs ou bien totalement adapté a soi. C’est le gros avantage du macérât, le sur-mesure. L’autre avantage, c’est qu’un macérât huileux peut-être une base pour un onguent par ex, puisqu’il suffit de rajouter de la cire d’abeille pour obtenir une texture plus solide.

 

 

Le saviez-vous ?

 

Le macérât de millepertuis est photo-sensibilisant, on évite donc de s’exposer au soleil après son application (sous peine d’avoir des tâches).

On voit souvent passer le terme « huile de carotte » mais en fait c’est bel et bien un macérât, on devrait plutôt le nommer « macérât de carotte » puisqu’il est fabriqué a partir de de carottes macérées. D’ailleurs on oublie souvent son taux de comedogenicité qui est de 3 alors méfiez-vous si vous avez la peau grasse/mixte qui pourrais favorisez les boutons. En effet l’huile porteuse n’est pas la seule a prendre en considération pour fixer ce taux. Le pouvoir d’oxydation est important. Le macérât est fait a partir de légumes frais, sa possibilité d’être altéré par la lumière, l’air, de rancir etc sont non négligeable d’ou l’indice 3. Bien entendu on a pas toute la même sensibilité mais mieux vaut être prévenue, d’ailleurs suite à mon post instagram certaine on réagit en « disant je comprends mieux pourquoi ma peau est dégueulasse vu ton post ».

Pour la petite anecdote savez-vous que le fameux Monoï  est en fait une macération de fleurs de Tiaré dans une huile de coco et donc un macérât huileux?

 

source : thèse de Fabrice Turon, wikibooks, l’herboriste Christophe Bernard, livre créer vos cosmétiques bio, Yang Tso, le grand livre des secrets de santé d’Hildegarde de Bingen, ma petite pharmacie au naturel, mémoire L guinnard, les litseescitronées, altheaprovence.com, https://www.aquaportail.com/definition-12172-teinture-mere.html, HAL : thèse par le docteur en pharmacie Jean-Yves Chabrier, recherche scientifique plantes médicinales et formes d’utilisation en phytotherapie pour l’université de Lorraine,

 

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